Nejma, Revue Littéraire

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Da qui all’eternita (traduit)

Esterno giorno. Il balletto di un’ape attorno a un té alla menta. Affacciato sulla strada, snodo nevralgico tra la città nuova e la discesa verso la medina, il tavolo é segnato dalla memoria recente di altre bevande zuccherine. Dopo qualche sorvolo esplorativo l’ape sceglie l’orlo ancora netto del bicchiere in cui la menta comincia appena ad afflosciarsi. Lo sfiora tra un volo concentrico e l’altro, azzarda delle picchiate di ricognizione, risale sulle pareti lisce del vetro, si allontana come per distrarre l’attenzione, ricomincia. Intorno nessuna reazione apparente, nessuna traccia di apprensione per le manovre dell’insetto che annunciano un imminente, vischioso suicidio. Il tempo si dilata: sulle caselle del cruciverba del giornale ancora fresco di stampa, tra le volute di fumo di una Marquise che a quest’ora sa ancora di buono, pulito come quel mare in basso, di un celeste sbiadito, innocente. Nessun trasalimento nemmeno per lei, l’apparizione bianca e opulenta che attraversa l’incrocio e riempie di sé la luce del mattino, profumo di recenti abluzioni e la faccia allegramente ostinata di chi si aspetta qualcosa di buono, anche oggi, alla faccia delle sconfitte di ieri. Lui approfitta appena del braccio che lei gli offre discretamente, più una rassicurazione che un vero sostegno. E’ vestito con tutto il decoro del completo grigio senza età, i pantaloni di tono più chiari per più frequenti lavaggi, appena sformati all’altezza delle ginocchia un po’ malferme, un sospetto di civetteria nel fazzolettino ben stirato che spunta dal taschino, la sciarpa annodata stretta su cui svolazza qualche ciocca di capelli leggeri e incolori come piume sul suo profilo da uccello. Si separano con una piccola pressione di lei sul polso di lui che senza lasciarla completare il gesto si dirige con sicurezza ostentata all’interno del caffé, come per un rito quotidiano capace da solo di dare senso al suo tempo sempre più immobile, racchiuso in una circolarità senza scampo.

Interno giorno : dentro è in scena la danza silenziosa dei camerieri nel pulviscolo di luce morbida, compassionevole verso i volti segnati da troppe stagioni, troppi caffé, troppo tabacco, troppa vita. Lui entra e sceglie la banquette più vicina alla porta, visuale obliqua sulla strada ma anche sulla sala, un cenno vagamente complice agli occupanti degli altri tavoli. Il café au lait dal bel colore caldo, dosato con cura nella quantità di latte e nel numero di zollette di zucchero, si materializza davanti a lui senza bisogno di tante parole. Un momento pieno, da assaporare al ritmo dei brevi sorsi regolari lasciando che lo sguardo si muova tranquillo intorno, libero da intenzionalità. Nessuno sa raccogliere il momento preciso in cui si fa più assorto, come rivolto all’interno di sé, e un abbozzo si sorriso si fissa agli angoli della bocca.

Irrompe la realtà nella concitazione delle voci che emergono dal silenzio, improvvisamente elevate di tono. Chiamare un’ambulanza, subito. Io lo conoscevo bene. Era sempre ben vestito, ma come oggi mai...

E’ perché aveva un appuntamento..Ora ci metteranno un’eternità ad arrivare. Cosa dice? Che non è urgente? Ah giusto, l’eternità. Appunto. Il verso di Sandro Penna:

“Io vivere vorrei addormentato / Dentro il dolce rumore della vita”.

Fuori si ostina ancora, ingorda, l’ape che alla fine ha rinunciato al suicidio. Almeno per oggi, dounia hania.

Ornella Tommasi
Journaliste, Critique
Tanger

D’ici à l’éternité

Extérieur jour : Le ballet d’une abeille autour d’un thé à la menthe. Grignotant sur la rue, point névralgique entre la nouvelle ville et la descente de la médina, la table est signée de la mémoire récente d’autres boissons mielleuses. Après quelques survols d’exploration, l’abeille choisit le rebord encore net du verre dans lequel la menthe commence à peine à se déflorer. Elle l’effleure d’un vol à l’autre, risque des plongées de reconnaissance, remonte les parois lisses du verre, s’éloigne comme pour distraire l’attention et à nouveau recommence. Autour, nulle réaction visible, nulle trace d’appréhension pour les manœuvres de l’insecte annonçant un suicide imminent et visqueux. Le temps se dilate : dans les cases des mots croisés du journal à l’encre encore fraîche, entre les volutes de fumée d’une Marquise fraîche de même, propre comme cette mer plus bas, d’un bleu délavé, innocent. Aucun frémissement, pas même pour elle, silhouette blanche et opulente qui traverse la rue sublimant la lumière du matin, exhalant la fragrance d’ablutions nouvelles ; et le visage d’allégresse obstiné, en attente de prodiges, même aujourd’hui en dépit des défaites d’hier. Lui, profite à peine du bras qu’elle lui offre discrètement pour le rassurer plus que pour le soutenir. Il est habillé avec soin, d’un complet gris sans age, les pantalons un peu plus clairs des fréquents lavages, quelque peu déformés à la hauteur des genoux qui paraissent hésitants, un soupçon de coquetterie dans le mouchoir impeccablement plié pointant de la pochette, l’écharpe bien mise sur laquelle quelques cheveux légers et incolores comme des plumes sur un profil d’oiseau. Ils se séparent dans une imperceptible étreinte, d’elle sur son poignet à lui, sans qu’il ne la laisse terminer son geste et se dirige avec une sûreté affectée à l’intérieur du café, rite quotidien capable seul de donner sens au temps, de plus en plus immobile, prisonnier de sa fréquence.

Intérieur jour : Scène du ballet silencieux des serveurs dans la lumière mordorée ou danse la poussière, indulgente pour les visages marqués par trop de saisons, trop de cafés, de tabac, par trop de vie. Il entre, choisit la banquette la plus proche de la porte d’où l’on voit en oblique la rue et la salle du café, fait un signe vaguement complice aux occupants des autres tables. Le café au lait, d’une belle couleur chaude, dosé méticuleusement avec la juste quantité de lait et de sucre prend forme devant lui sans besoin de la moindre parole. Un moment plein à savourer au rythme de brèves gorgées régulières, en laissant le regard fureter tranquillement ça et là sans intention aucune. Personne ne peut saisir le moment précis où son regard se fait plus absorbé, comme dirigé à l’intérieur de lui-même, ni l’ébauche de sourire qui se forme aux commissures des lèvres.

Irruption de la réalité, agitation des voix émergeant du silence, soudain élevées d’un ton. Appeler une ambulance, vite. Je le connaissais bien. Il était toujours bien habillé, mais comme aujourd’hui, jamais...

C’est parce qu’il avait un rendez-vous... Elle va mettre une éternité pour arriver. Qu’est-ce que vous dites? Que ce n’est pas urgent? Ah oui, l’éternité, c’est vrai...

Les vers de Sandre Penna :

“Io vivere vorrei addormentato / Dentro il dolce rumore della vita”.

Au dehors, s’obstine encore, avide, l’abeille, qui finalement a renoncé au suicide. Pour aujourd’hui au moins; dounia hania.

Ornella Tommasi
Traduit par
O. Tommasi & S.-P. Hamelin

Dessin: Mohamed Mrabet
Photos: Nejma

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